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Vous l’aurez dit!

Z’aurez été prévenus… commencez à aimer aller ici

Bon enfin…

Il en a fallut des heures pour mettre ce système à point! On avait sous-estimé votre engouement, votre extraordinaire capacité de répondre “présent” quand on a une idée pour vous! Alors voilà, on a investie encore quelques dollars pour le gala et vous pouvez maintenant voter, sur une bande passante qui va supporter votre présence et votre envie de pas lâcher pour que ce gala soit une réussite! C’est aussi pour ça que je vous aime! C’est amélioré de beaucoup, et c’est ici!!! Mettez vos fureteurs à jour pour la votation!

Heureusement!

chfelee Les occasions de notre vie ne nous permettent pas souvent de prendre les mots pour le dire. Les occasions sont souvent sournoise. Elles ne manquent pas de rendre un peu gris ce qui est pourtant plein de toutes les couleurs dans ses habitudes, c’est les autrement qui ont des airs de sépia.

C’est pareil pour elle. Nos moments ces dernières semaines ne nous ont pas mis en valeur réellement pour l’autre. Dans la loyauté certes, dans la capacité que l’on peut avoir à traverser les épreuves ensemble, oh bien sûr. Mais elle aurait pu traverser ces semaines en se sentant accompagnée, elle s’est plutôt ramassée avec quelqu’un qui marchait aux côtés, oui, mais dans un silence grave, épais comme les brouillards qui aveuglent et glacent tant qu’à faire.

Alors voilà, pour le temps que je n’ai pas eu ni même pris pour lui dire, je suis fière d’elle. Fier parce qu’elle sait tout plein de moyens pour toutes ces choses dont je ne suis pas capable, en amour comme avec les amis, en espoir comme dans des tranchées de peine, en compagne comme en solitude. Fier donc aussi, de voir, ce que vous ignorez vous, toute la rigueur qu’elle applique en tout dès qu’elle s’y met, comme dans cette chose qu’elle a mis tellement de temps à compiler et à vous laisser ici!.

D’ailleurs, ce qui me sauve dans cette relation, c’est certainement qu’elle ne compile, heureusement, pas tout.

Juste vous dire…

…comme ça, que la sculpteure a appelé mercredi, qu’elle a ce qu’il faut comme notes, et de couilles aussi, pour se rendre où elle veut. Que ses enfants ont la bouffe qu’il faut dans le frigo, manque juste la capacité de rêver. Vous dire, finalement, que son mari il va lui envoyer ce qu’il a réclamé de l’impôt, vous dire, finalement, que devant tout ça, on a bien le droit de se faire un week-end, non?

[Via Flickr ElGringos]

- Voilà la prescription! qu’il dit.

Le mec reste de glace, pioche sur son clavier, puis le regarde sans broncher:
- Ce sera 7400$.
- Pour un mois? Vraiment? d’interroger mon ami.
- Oui monsieur, alors?

C’est 84000$ par année pour sauver la peau de celle qu’on aime. Il y a l’écart entre les riches et les pauvres, et celle entre vivre ou mourir. La ligne est pas toujours aussi clairement tracée.

L’univers de Félicien

vieux Quand on a l’âge de Félicien, notre système nerveux a pas trop les moyens de supporter le changement. Quand on est Félicien, alors, on en fait très peu des changements. On garde les choses bien en place, dans le loyer comme en amour, on le garde 20 ans le loyer tant qu’à faire, on badine pas avec le coeur quand on est vieux.  Félicien et moi on a un bail, le mien est commercial, le sien est pour sa vie, dans ce temps-là, on a pas les mêmes craintes, on a même pas les mêmes envies. Puis l’était nerveux Félicien, changer de propriétaire, c’est la peur de se faire mettre à la porte, se faire remplacer par n’importe quoi de plus drôle que quatre murs qui sentent le vieux, des craintes plus petites aussi, pas moins importantes pour autant, des craintes comme celles de se demander s’il va bien pelleter le nouveau proprio, sinon, au moins, s’il va finir par poser cette putain de deuxième porte que Félicien demande depuis des lunes d’hier.

* * *

Notre première rencontre lui et moi en a été une de service. Pas comme un commerçant pour un client, pas comme un psy pour un souffrant, rien de ça non. Plus comme les services d’une barmaid qui écoute un ivrogne râler, ou mieux, une pute qui accepte de passer une heure à bercer un corps que l’amour a quitté. Vous le voyez là le genre de lien de service? Notre première rencontre a donc été pour que je le sorte d’une merde.

-  Désolé de vous déranger monsieur l’alcolo, de dire Félicien.

-  Vous me dérangez pas merci. Je suis comme la soupe Campbell, il y a un petit peu de moi dans votre vie de travail.

-  Vous êtes drôle!

-  C’est pas universelle comme émotion, vous le jure! Allez, comment je peux vous aider!? que je lui demande.

Il taponne au fond de sa poche. En ressort un carnet de chèques dans un étui de cuir de vieux. Il me regarde plus, il fixe le plancher, il se tape les chèques sur les doigts, puis il me dit:

-  Je vois plus bien clair. Le propriétaire il veut douze chèques. Si vous pouviez… me les écrire pour moi.

L’écriture pour Félicien, j’ai compris que c’était comme ma recherche du point G, c’est pas qu’il sait pas, c’est juste que c’est trop petit. Quand j’ai eu terminé les douze chèques, il fouille dans sa poche, en sort un billet de 20$ qu’il me tend.

-  Non monsieur Félicien, ça je saurais pas, je peux pas, je veux pas.  Vous m’avez payé il y a longtemps, un jour je vous raconterai.

* * *

Cet hiver Félicien il a pas eu sa deuxième porte. Cet hiver un matin il a essayé de sortir. Il n’y avait rien à faire. La porte métallique était bloquée par la neige. Il a cherché mon numéro partout. Il l’a jamais trouvé qu’il m’a dit. Ça a finit par les flics. Trop petits les annuaires. J’ai rien dit, j’ai jamais même appelé un flic en renfort pour le point G.

* * *

Je parle pas beaucoup de la femme de Félicien parce qu’il y a peu à dire. Elle est jaune des pieds à la tête. Lui est arrivé une cochonnerie pour les reins. Je roulais sur le boulevard du bureau aujourd’hui. Félicien marchait à contresens sur le trottoir. Il revenait du nettoyeur. Un complet noir qu’il tenait à deux mains contre sa poitrine, le vent froid à faire chier tous les Féliciens du monde. J’ai su. Dans son regard là, il y avait une peine, celle d’un copain de plus qui est parti. Il marchait doucement le Félicien, comme déjà les pieds dans la cérémonie. Je lui ai pas dit de le garder pas loin, que quand on est vieux comme Félicien, on sait jamais quand c’est quelqu’un d’autre qui va nous le faire porter, debout ou couché, pour longtemps ou l’éternité.

J’ai roulé à penser longtemps comme ça, à être content aussi de l’une de mes phrases d’hiver au propriétaire:

“  S’ils sont une seule, une seule fois, pris dans leurs logements vos vieux, vous allez la sentir arriver de l’univers la plainte au cul!” Ils ont plus trop eu à s’en soucier depuis.

Amende honorable…

Oui Jenfi, tout fonctionne maintenant, oui Jenfi j’adore, presque à m’y convertir totalement bientôt sur le portable… oui c’est de sa faute à lui, oui j’ai la patience d’un chien renifleur menotté par la cour suprême.

Rouler léger…

Bon ils travaillent fort ces deux-! Assez différemment mais avec tout de même les mêmes résultats. Le premier il aimerait bien que je roule sur Mac, le deuxième qu’au moins je vende mon âme à Ubuntu. Leur ennemie est de taille! Elle offre en plus bon nombre d’arguments que je ne saurais accepter d’entendre de la part de ces messieurs!  Mais bon! Je suis un être de concessions, de contradictions aussi, ça vous le saviez déjà! Alors pour le plaisir de Jenfi, j’ai téléchargé Ubuntu… il devrait rouler sur le portable bientôt… sur sa partition seulement cependant. Pour le deuxième, on y va plus doucement un peu là… on vient quand même de claquer quelques centaines sur le monstre du salon… alors pas de Mac en vue. Mais on roule léger cependant, enfin, de mon côté. On surf avec ceci, on a ça pour faire le travail de MSN, on a même idée de fouiller pour alléger et “libérer”, pour ne pas dire “démocratiser” les autres accessoires… quand je vous parle d’ouverture d’esprit! Doit être que je me sens actuellement déjà plus vieux!

Mots clés Technorati : ,,,

On va l’appeler Rose

Je crois que c’est il y a un an. Tiens, on va l’appeler Rose. La Rose d’il y a un an. Il me fallait aller chez-elle, la faute à son mari je crois, la faute à la vie aussi, débarquer là avec les deux enfants, femme aussi, question d’aller régler un truc dont je me souviens même plus l’existence.

La nouvelle elle avait frappé durement. Un cancer qui s’était jeté sur la racine de Rose. Sur la tige un peu aussi, on a décidé de lui enlever un rein, Rose a pas dit un mot, parler de toutes façons est difficile pour elle, les mots bloquent entre le coeur et les lèvres, depuis sa trachéo surtout.  On y reviendra pas, c’était un autre cancer ça, sur les pétales cette fois-là.

Une vraie maman Rose, vraie pour vrai. Deux enfants, bien élevés et pas salauds pour un sous! Ils en ont même fait une grand maman pour faire durer le plaisir de la voir materner. Pour quand la petite est pas là, elle materne le mari, c’est pareil que pour avec les enfants, sauf qu’avec lui, le parc est toujours un peu plus grand.

C’est pareil qu’avec les enfants pour lui, juste un peu plus long aussi, il a peur souvent quand elle quitte son champ de vision, surtout quand il se met en tête que Dieu vient d’avoir la drôle d’idée de lui dérober! Parce que c’est une femme Rose. D’élégance et de fierté la Rose. Les yeux d’une beauté de monde avant les guerres, les yeux pour le froid aussi, pour l’amour souvent, même que si son mari faisait des mots ici, il dirait cochon là où je vous parlerais de coquinerie.

C’est il y a un an. J’amenais des fleurs à Rose. On venait de lui dire pour son cancer. On se voyait pour la première fois. Elle a pleuré longtemps. Des semaines à ne discuter qu’au téléphone. Se voir dans ce genre de coup de chiasse de la vie, c’est du shit dating qu’elle semblait dire dans ce souffle qui haletait au milieu de son cou.

Elle a fait un long silence ce soir-là. Elle a caressé ma joue comme les mamans, comme la femme aussi dont elle se souvenait, celle qui devait aimer à faire tomber et couvrir ces hommes qui débarquaient plus couillons que leurs bouquets.  Voilà un an maintenant que j’ai amené des fleurs à Rose. Un an que j’aime bien passer mes journées avec son mari aussi, pour ce drôle de lien qui nous unie.

Rose elle a eu le résultat de son retour aujourd’hui. C’est revenu dans les pétales, les ganglions. Mon téléphone a sonné au bureau, elle respirait mal encore. Elle a fait un long silence aussi. J’ai fait pareil, longtemps comme le temps qu’il faut, puis j’ai tenté de me souvenir ce que j’avais écrit, il y a un an… elle me l’a rappelé!

“Je sais que vous le pouvez!”

Parait qu’elle va ressortir la carte, faut toujours laisser faire pour les fleurs, de m’occuper de son jardinier suffira pour quelques semaines. Il y a aussi pour les assurances-médicaments. Sinon ce sera des centaines de dollars par mois. Puis une maman, depuis quand ça dépense pour vivre? Son vieux a passé la porte, on a fumé deux clopes en silence.

Je suis revenu ce soir, revenu pour réaliser que de ce métier, ce que j’avais oublié depuis si longtemps, c’est qu’en bout de ligne, la reconnaissance nous vient surtout des femmes de ceux que l’on sert.

Un ivrogne en forme?

J’aurais beaucoup de mal à vous expliquer exactement pourquoi, mais disons que ma vie professionnelle a été particulièrement prenant ces dernières semaines.  Prenante au sens où elle vous habite, prend votre énergie, vous demande d’être entièrement à elle, comme une jalouse qui a l’impression que vous allez quitter, que ce n’est qu’une question de temps.

L’écriture chez-moi est pas chose simple, c’est pareil que pour le bonheur. Elle me demande des efforts, une présence entière, être là pour elle, l’accueillir, la recevoir, l’entendre, puis répéter ici, dans cet espace, ce que la vie me souffle à l’oreille à travers elle.  Quand l’écriture ne va pas, c’est qu’il y a un os.  Allez pas penser que parce que j’arrive à vous allonger quelques lignes ici, l’écriture est revenue faire un tour, nenon, au contraire! Là je tente de conditionner, de muscler le musque.

Parlant de conditionnement, future épouse aimerait bien que votre humble l’ivrogne s’y mette… physique s’il-vous-plaît!  Pas en raison du mariage, pas en raison de voir le retour de mon six pack (qui avec elle n’a jamais dépassé le 4-pack)… nenon, pour que je varge dans kekechose qu’elle dit!  Sauf que là il y a comme un problème : le temps.

Bon, vous allez me dire que je devrais y aller le matin, que ça fait tellement de bien, que j’entrerais au bureau le corps détendu de l’homme qui bande les muscles, etc… Mais voyez-vous, l’alcolo l’est pas fort sur les gymnase!  Il déteste même pas mal cette chose là, ces gens qui se font des pectoraux en se les admirant dans le miroir, qui attendent après vous, que vous avez l’air de gazer comme après votre 20e essai sur le premier trou au golf!

M’enfin, je vous en reparle, là les yeux me ferment tout seul, alors je me dis qu’au moins, là, c’est un signe de meilleure santé! À demain!