J’en jasais avec Délire hier! Elle se demandait ce qu’étaient nos “Post-it” pour la fêlée. Me suis dit qu’il fallait peut-être que je vous raconte. Surtout parce que ces temps-ci, j’ai l’impression de souvent pas faire ce qui intéresse et souvent faire ce qui intéresse pas. Alors c’est sûrement le temps de ramer contre ma pensée! M’enfin, ça c’est une autre histoire.
Chaque matin depuis que j’avais mis les pieds et le coeur dans leur vie, je laissais des post-it partout. La puce et la fêlée en avait, spécialement la puce quand je devais quitter la capitale pour la métropole. On était pas encore abonnés à une vie dans un seul foyer et j’avais à faire le voyage assez souvent, une “ride” que se tappait aussi la fêlée sans compter les tours.
Quand j’ai traîné mon baluchon pour m’installer en permanence chez ces deux femmes de ma vie, c’est un truc qui s’est fait un peu les yeux fermés. La fêlée travaillait comme une cinglée, relevait le défi “travail-famille” et mettait parfois le mot concilliation devant. J’avais pas de boulot et je calmais mes angoisses et ma testostérone qui passaient dans le broyeur de l’orgueuil en faisant le ménage comme un TOC le ferait.
Ma journée commençait dès que la fêlée passait la porte. Je faisais le lit, empiffrais la laveuse de quelques brassées, branchait le lave-vaisselle, sortait le linge de la sécheuse, époussetait, attaquait le ménage de front quoi. Puis c’était le souper, la vaisselle, je voulais pas que la fêlée lève un seul doigt. Je ramassais la fierté là où elle traîne, surtout quand on cherche un emploi dans une ville où on est personne.
* * *
Quand j’ai connu la fêlée, on avait 16 ans. Elle m’a invité pour un café, c’était au téléphone, j’avais une jambe emmitoufflée dans un pansement de la cheville à la cuisse, j’aimais la bière plus que l’allongé, je l’ai retourné bredouille. Exit pour le destin, pour au moins 18 ans. Le reste est une plus longue histoire, plus belle que les contes et les fées, c’est l’intermède de 18 ans entre les deux qui prend des airs d’enfer, promis que je vous raconterai, un jour.
Alors 18 ans plus tard donc, on se retrouve dans la froideur des pixels, elle ici et moi là-bas, on se raconte comment on a fait pour aussi bien gâcher la vie, chacun de notre côté, depuis ce café où j’aurais donc dû dire oui. Le clavardage nous montre qu’est-ce que l’autre écoute pendant que devenus grands je lui fais la cour à mon tour. Les chansons passent, l’autre les découvre et se découvre, les gestes ensuite se feront toujours en musique.
Elle sur Mae, moi sur Cohen, nos sueurs sur sa poésie et notre fougue des amants de weekend sur les Cranberries. Les chansons passent, les sentiments restent, ça fait des tatouages d’amour partout, pas que sur le coeur, on a la peau cover de rêves tatoués. On tire sur le destin, on annule 18 ans d’erreur, le baluchon sur l’épaule on mélange les vies. Les enfants devront faire avec, sont déjà chanceux que j’ai dit non il y a 18 ans, sinon ils seraient même pas là pour qu’on puisse dire “famille” recomposée.
Cap pas Cap? qu’on se demandait souvent, sur des trucs un peu débile. Je lui ai demandé si elle allait m’aimer toujours, malgré tout. Depuis je travaille, elle est revenue se coller à la maison avec la puce, un boulot qui laisse peu de temps aux post-it, sinon peu de bonheur intérieur pour le faire de la même façon. Quand les enfants passent, que l’agenda donne une pause, mes yeux repassent, comme hier soir, sur la beauté brut et sauvage de la fêlée. Ils détaillent la force des accents d’une silhouette faite sur mesure pour l’amour, ils se racontent l’imprudence du désir, la rencontre de celui-ci et de l’objet de l’autre, comme lorsque Dieu prend son crayon pour vous dessiner ce que vous souhaitez de plus cher.
Quand mes yeux passent sur elle, quand le coeur s’attardent en elle au même moment, je me rappelle et m’engage encore. C’est chaque jour une nouvelle signature, posée à coups de caresse ou d’absence de mots, c’est signé parfois la main tremblante, comme on tremble quand on a peur de perdre, comme on tremble quand on aime à être prêt à jouer sa propre vie.
À propos, c’est ça les post-it délire! Et c’est même pas pour contrebalancer le peu de charme que j’ai parfois que notre humour a parfois -)






Vraiment, une déclaration d’amour que j’aurai peut être un jour, la très grande chance de recevoir… Tu écris merveilleusement bien l’ivrogne, et ton texte de ce matin est doux comme une peau de pêche…
Ça y est, j’ai le coeur gros! Arg. Haha. Si ta mission était de transmettre les sentiments et tout, bien, c’est pleinement réussi! Huhuuuuuu… C’est tellement beau.
Cibole, comment ne pas rêver à telle relation!
Au fait… je vis ça moi aussi seulement moins capable de l’exprimer avec autant de sentiments-au-mot.
Félicitations vous deux! Vous vous méritez
Touchant…
Ouin c’est que j’ai l’air brillante avec mon mascara qui me dégouline sur les joues…
Merci Alcolo pour ce magnifique texte, partage, témoignage…
Pour l’émotion…
…que je cherche des mots et que j’en trouve pas….
Je t’aime !
J’ai le motton et la larme qui vient avec. Merci pour l’explication. J’ai senti hier que c’était plus que ce que tu disais au début
Messemblait que ces post-it étaient plussss que juste une note en passant.
T’écris bien. Tu le sais j’espère. C’est rempli d’amour, de mots simple mais touche droit au but. Vraiment, j’adore te lire. Et comme dit Drew plus haut, vous vous méritez. On vous sent heureux, amoureux et ca donne espoir, beaucoup d’espoir…
wow quel texte! Ça mérite un gros clin d’oeil pour vous deux.
TOC? De que cé?
Awww, c’est tellement beau de lire quelque chose comme ça! Tu écris vraiment bien! C’est vraiment beau votre histoire! Je suis émue, là!
Qui est-ce qui a dit que les hommes ne savaient pas exprimer leurs émotions??? loool
@ Gaétan : Le raccourci pour le trouble obsessif-compulsif
…
Les mots me manquent une fois de plus, mais toi, vraiment, tu as su bien les choisir pour nous exprimer l’amour (et bien au delà encore) que tu ressens pour ta chérie…
Un texte…….. speechlessant !
Z’êtes tous pas mal gentils!
Et au lieu de venir perdre votre temps ici, faites-moi donc de la lecture dans ma bloguoliste! Ce matin j’ai eu trop de temps!
Je ne serai pas original dans ma reponse mais wow. elle est vraiment belle votre histoire d amour. Je te leve mon chapeau de pouvoir etre capable de t’exprimer ainsi. Vous faites un vraiment beau couple.
tu m’as eu en plein coeur……..Les mots me manquent pour te dire à quel point je suis émue. Merci à toi de me permettre de croire encore.
Mais qu’est-ce que vous écrivez bien vous, dites donc ! <3 !!
Enfin le temps de lire… J’avais commencé ce billet depuis une semaine et je voulais attendre d’avoir le temps de bien le lire, pas juste vite en diagonal entre 2 couches, parce que ça avait l’air beau.
C’était beau.
Magnifique billet, très touchant… c’est rare de la part d’un homme, tant de confessions…
La vie a su réparer l’erreur du passé…
Très jolie histoire d’amour…