Archives Mensuelles: février 2008

cerceAllez, on le sait que vous avez des contacts! On le voit bien dans votre bloguoliste! Alors voilà, pour le bulletin de nouvelles de demain, la balle est dans votre camp! Qui devrait-on découvrir, qui est incontournable,  qui vaut le détour… J’ai bien 3 manchettes à présenter, la fêlée quatre, puis on est même à soudoyer Will pour son grand retour, ce qui donne pas mal de travail. Alors voilà, agrandissez notre cercle, devenez généreux, on se regarde plus le nombril pendant quelques minutes, on fait un cadeau à quelqu’un de ma bêtise! Quand je vous dis que je suis généreux!

* * *

Je vais me dépêcher pour vous faire ensuite ce bulletin de nouvelles, parce que voilà, une semaine de fou finie, j’ai envie de vous raconter un peu comment j’aime, comment je vous aime un peu aussi, comment parfois je me demande ce que ce serait si je vous avais pas pour vous faire endurer mes hauts-le-coeur. C’est vrai, je trouve qu’on fait de vieux amants. On profite l’un de l’autre, on oublie de s’appeler, on se visite à la sauvette, on prend pas toujours les minutes pour se le dire, alors voilà, c’est de ça dont il faudra bientôt que je vous parle! Vous voyez, en plus de savoir être ivrogne, je sais être gentil. Bon, maintenant que je suis moins moche, vous me les filez vos suggestions de site? Une seule s’il-vous-plaît, en me disant pourquoi j’ai intérêt à le crier sur tous les toits! Je vais même dire que c’est de vous!

kid Elle a tout mes mots de passe. BanqueNet, AccèsD, Hotmail, WordPress, Hydro-Québec en ligne, Vidéotron, enfin, faites le tour large. J’ai à peu de choses près le même accès à ses trucs, ce serait presque vrai si j’avais de la mémoire, la mienne a mis un an à retenir AccèsD, j’ai abandonné pour le reste. C’est donc pas des portes qu’elle a fermées, c’est ma mémoire, souvent mon indifférence, qui les ouvre pas.

Je suis probablement, et elle aussi, le dernier de ma race à avoir le compte commun, conjoint. Je transferts mon avoir systématiquement dans le compte conjoint, c’est une manie, c’est plus simple comme ça, c’est pour des raisons de facilité ici le compte conjoint. Même chose pour elle, tout est là, sans trop de distinction, même que notre mode de gestion budgétaire suit parfaitement ce courant qu’on est pas mal les seuls qui restent à remonter.

Tout passe là, on ne regarde jamais de qui viennent les montants. On ne calcule jamais la part de l’un et l’autre. Ça a jamais été une question entre nous. C’est la même chose pour les dépenses, même si nos enfants ont pas les mêmes parents, pas de calculs de la part des destinations de dépenses sur cette question, tout est dans le même tas. On pige.

Allez pas me demander si je dépense autant pour mon fils que pour sa fille, j’en sais rien. Quicken, ce qu’on utilise pour suivre l’unique compte d’entrée et de sortie me le dirait pas non plus, on a pas identifié les dépenses à un individu, elles le sont par nom de dépense. Quand on voit vêtement, c’est pas dit si c’est la puce ou fils. J’en sais rien. Je sais vêtements.

C’était clair entre-nous au départ, on s’en était parlé, c’était à peu près en ces mots:

Il serait bien que ce soit plus long et difficile de te donner mon cul que mon argent.

Tout était réglé.  Les mots “mon” pour précéder “argent” ne sont plus jamais revenus entre nous. On a fait pareil pour les mots “ma” et “dépense”. Au même moment, même si on oublie parfois, on a fait pareil avec les mots “ta” et “fille”. On n’a pas toujours autant de succès sur cette question. C’est une autre histoire. Brûlez pas trop vite mes sujets de billet.

Je sais que si l’un de nous part, tout est compliqué pour l’autre! vous me direz. Ce l’est toujours. La loi fait les comptes conjoints, même si on se fend en quatre pour les séparer du vivant du couple. Je vois des histoires d’horreur à la journée longue sur les blogues, quand c’est pas en commun avant, c’est après sous le marteau de la toge de devant.

Je vois des couples aussi, où chacun part en vacances de son côté une fois l’an. Les deux reviennent compter leur petit change respectif, il arrive ensuite qu’ils doivent sauter le voyage de couple. L’un des deux a pas les moyens. Négociations entre conjoints comme avec le gérant de banque. Je peux te passer un 1000$. Tu me le remettrais quand? Ah! J’y arriverai pas, j’ai la rentrée de ma fille en septembre. Pars seul, on se reprendra.

J’ai du respect pour l’amour de d’autres personnes. Ils vivent leur quotidien comme s’ils étaient déjà séparés. Le coeur est un compte conjoint, le reste c’est deux autos, chacune au nom de l’un, chacun sa part pour chaque dépense, chacun son bout de facture dans sa poche au cas où le juge. Je me suis toujours demandé, quand un truc con comme un ACV m’arrivera, quand elle devra changer ma couche de 6′1″ de merde, comment on calculera à ce moment. Je me soulage de constater qu’on a jamais compté. J’aime à penser qu’on a le même genre d’entente pour les efforts, les sacrifices, l’investissement de soi que notre couple pourrait demander.

J’ai connu un couple déjà. Elle est partie. Il l’a pas retenu, la moitié de son corps bougeait plus. Il en bavait déjà, il savait plus avaler comme du monde. Puis ça roule mal en fauteuil dans un escalier. J’avoue ça a été plus simple, il a pas eu à se faire chier pour le compte en banque. Il est mort quelques mois après. Dans sa tombe, je me souviens, on a même pas pensé mettre le N.I.P. de son compte à lui.

Je vais vous confier un truc. Après avoir vu cet épisode, j’ai compris une chose. Je pourrai presque toujours me refaire mon salaire de la semaine. Me mettre à le déposer ailleurs. Mais si de toute ma vie, j’ai fait croire à la fêlée qu’elle devait piger dans le compte en regard de ce qu’elle représente au prorata, j’ai toujours eu peur qu’elle garde la même habitude pour ses efforts en moi, si la vie venait qu’à me mettre au plancher. Et ça, je vous le jure, me mettre au plancher, la vie le fera. Notez ma promesse sur un papier, elle vous le dira quand ce sera arrivé.

* * *

Cette semaine, je vous file la citation du mois de mon lecteur d’outre-atlantique, juste pour rire un peu, parce que ça termine bien ce billet, il s’exprimait au sujet de Amy Winehouse et le peu d’intérêt que son pays lui réserve:

J’ai la pudeur de croire que ce qu’on recherche chez un artiste [nous les français] c’est son côté artistique et non pas le reste…C’est pour ça qu’on laisse Carla à Mr “Casse-toi, pauvre con”: c’est tout sauf une chanteuse, voilà, c’est dit…

Je vais aller écouter un peu en boucle Alizee, Anguun, Vanessa Paradis et Fabian. À ce soir!

stats_amy_winehouse2Avouez que même le titre frappe fort! Ce sera pour quand vous doutez que la qualité de votre contenu a quelques choses à voir avec vos stats! Alors voici le résultat de mon test aussi scientifique qu’insignifiant. J’ai vécu un bond de plus de 250 visites avec le précédent billet.  Tous me viennent des recherches effectuées sur “Amy Winehouse” ou sur “Amy” ou juste sur “Winehouse”.  Avec un billet aussi ridiculement vide que celui que je vous ai servi sur la chose, j’ai égalé les visites de pas mal d’entre-nous… avouez que c’est d’une tristesse. Quand je vous dis que les ivrognes ont la cote! 

stats_amy_winehouse Ce que j’aime de notre exercice, c’est qu’il va vous permettre de devenir un tantinet plus critique sur certaines basses tactiques de traffic utilisées. Évidemment, vous le saviez, alors que moi non! J’ai eu beau tenter de trouver comment tout ça pouvait générer autant, même que j’avais souvent honte de voir revenir ce billet qui me faisait passer au dessus de certains délices de blogue, mais voilà, on a tous maintenant la même chance de monter pour des stupidités! Avouez que je suis généreux avec la bêtise!

Bon, dès demain, il se peut que je vous parle de chiffre… de notre budget mis en commun à la fêlée et moi, de notre compte-conjoint, de notre façon de gérer nos finances! Quand je vous dis que j’aime bien lancer des grenades qui finissent par vous faire exploser de joie… ou de colère!

P.S.: Merci à ceux qui ont joué le jeu: La fêlée du compte-conjoint, Jacynthe et son Drew, Sylvain, Délire, Y-Man, Vegekat, la Louve, et de l’autre côté de l’Atlantique, parce que je sais exporter ma stupidité contagieuse, Véro que j’aime bien et qui aime JenFi encore mieux. J’espère ne pas en avoir oublié! À demain!

Bon vous savez que je vous aime! D’ailleurs, je fais un peu avec vous ce que dénonce la fêlée ici, mais ça c’est une autre histoire, c’est juste pour faire certain que vous êtes aussi fou de moi que j’aime à le penser. Allez, je vous laisse pas plus longtemps sur votre appétit, je vous mets l’alcolo à nu!  Allez même pas penser que ça fait de vous des gens chanceux, j’ai pris de l’âge, avec tout ce que ça laisse de drôle sur un corps d’ivrogne! Amy Winehouse et moi, on a bien 100 livres de différence que je me partage aux endroits qu’elle veut pas voir être engraissés.

Alors les mardis dont je vous parlais hier, pourquoi sont-ils à chier vous penser? Simple. La fin de semaine (week-end pour les lecteurs français d’outre-atlantique qui font le shopping et la grocery en jacket), la fin de semaine donc, on vous file le vidéo de nouvelles. Là vous arrivez en tribu, c’est pas disable! La majorité des bulletins sont vus plus de 100 fois dès les premières heures de leur sortie.  Puis le lundi, au bureau, on voit bien que vous les réécoutez un peu, c’est si moche les lundis j’en conviens.

Les mardis? Merde, mais vous avez une conscience, c’est tout. Alors là vous reprenez le collier, les heures perdues du lundi tant qu’à faire. On s’en veut toujours un peu d’étirer les week-end avec un ivrogne. Alors là vous devenez plus sérieux, j’en profite pour m’en assurer en vous parlant de la vie, de ce qu’elle me fait de bien ou de plutôt moche, j’en profite pour dire les trucs comme ils sont sans jamais trop enrober les malheurs de joie.

C’était bien comme ça, jusqu’à ce que j’ai le malheur de vous parler de cette passion que j’ai pour cette chanteuse! Vous voyez pas le rapport, ben je vous le file en mille! Regardez à droite, dans les billets les plus lus… Amy Winehouse, il ne faudra pas lui faire que passer… Ça a donné une avalanche de hits… Pire que Patrick Lagacé, pire que n’importe quel autre coup de pouce que vous me donner souvent en étant assez gentil pour dire que je suis intéressant à lire. Ce billet où je vous racontais combien j’aime bien cette jeune chanteuse à la voix si métallique et cuivrée, ben il attire des foules…

amy_winehouse_stats Je vais faire pire encore, je vais vous le dire encore plus vrai… Jusqu’à maitenant, il a été vu 37 000 fois!  Avez-vous imaginé que depuis le début de ce blogue, j’ai 62 000 visites environ et que ce billet en est pour plus du double? Patrick Lagacé lorsqu’il avait parlé de moi, votre ivrogne de service, c’était un total de 1400 hits… Voyez-vous un peu comment cet accident d’amour de la Diva Winehouse a influencé votre alcolo?

Alors voilà, je vous file le dernier secret, en plus de cet accident de texte, je réalise que chaque fois que la Diva Winehouse fait un truc bizarre et se retrouve dans l’actualité, ce billet dont il est question revient en tête des autres billets consultés ici. Allez même pas penser que les gens restent! Bien au contraire!

Je vous invite à décréter aujourd’hui la journée officielle Amy Winehouse tiens! On fait tous un billet sur elle, on plante sa photo dedans, et on regarde si vous allez avoir les mêmes problèmes que moi. Parce que j’ai eu beau analyser ce que j’avais écrit sur la vedette ce jour-là, et rien ne correspondait aux règles habituelles qui génèrent du traffic. Alors voilà, on fait l’expérience pour voir?  Avouez que vous le saviez que c’était par accident que votre ivrogne de service avait l’air aussi intéressant!

Sur le billet précédent, si vous commentez, vous allez vous rendre compte que votre commentaire va un peu n’importe où dans l’ordre… vous me pardonnerez, j’ai ajusté l’heure sur mon site, et ça a fait tout drôle! Vous avez même le droit de poursuivre la conversation ici ! Z’êtes si gentils quand vous me pardonnez!

mardi Bon! Si c’était les lundis, alors là je vous comprendrais. Enfin, peut-être pas davantage, parce que ça immunise pas contre la bêtise, m’enfin, si votre drôle de façon de faire se produisait plutôt le lundi, je serais plus enclin à vous pardonner. Mais voilà, c’est des mardis que je vous parle, et encore là, vous avez, sans faire exprès, tombé pratiquement dans le mille pour me perdre encore un peu.

Je sais que vous regardez pas trop vos statistiques, vous êtes le genre de libre-penseur qui aime à avoir son cercle d’une trentaine de lecteurs et Dieu vous garde d’en avoir plus, sinon l’envie de tout fermer pourrait vous prendre. Je sais, la popularité, c’est pas votre rayon. Même que j’arrive parfois à vous croire quand je vois les bêtises que vous écrivez*, j’aime à penser que vous le faites pour éloigner quelques semblables.

Mais voilà! Moi je regarde mes stats. C’est que je suis un ivrogne, donc par définition égocentrique, égoïste, narcissique, tout ce que le DSM-IV peut vous identifier comme travers, je sais l’avoir. Alors je regarde qu’est-ce que vous venez faire chez-moi, quels sont les billets qui vous ont fait me détester, les autres qui vous chavirent davantage, je regarde combien de tordus viennent se faire l’oeil et le nez dans mes affaires.

Vous avez un comportement presque constant en tant que lectorat… sauf le mardi. Qu’est-ce que vous faites le mardi pour avoir aussi peu envie de venir ici? C’est devenue une constante, une “tendance lourde” dirait La Presse Canadienne, c’est devenu un fait:  Les mardis, vous boudez les ivrognes. Après vous vous demandez qu’est-ce qu’ils ont à dépenser les derniers sous avant la paie du jeudi dans un bar les mercredis soirs!

P.S.: Vous seriez gentils de pas vous conduire de façon linéaire en pensant à la verticale, c’est-à-dire en pensant comme l’autre d’avant qui va commenter sans mettre votre grain de sel pour animer un peu ma pensée, parce que là, je pourrais me mettre à bouder mes commentaires du mercredis soirs, juste parce que c’est le mercredi!

* La fêlée me dit que je suis “rough” là, que vous pourriez vous sentir visés… vous allez quand même pas commencer à jouer les susceptibles, vous savez bien que je parle pas de vous, ni vous, ni vous, tsé!

* * [edit 19h19] Tel que discuté avec ce bon vieux Drew dans les commentaires de ce billet, je colle la preuve de mes bad tuesdays…

histoire Ce que j’aime avec l’écriture, c’est que ça va un peu dans tous les sens. Les mots sont des enfants mal élevés, je vous l’ai déjà raconté, les histoires c’est pire, c’est comme toute la classe qui part en récré, les histoires, ça courent dans tous les sens dès que ça voit un ballon.

Je vous l’écris souvent, j’aime à vous lire parce que dans vos écrits, dans ce que vous racontez quand votre garde est baissée, souvent dans mes commentaires que cette drôle de chose se produit, quand vous écrivez donc, vous échappez parfois une poésie qui me retourne le coeur.

“Dans ce cas, je suis rassurée: je vous aime assez.”

Si je n’avais qu’une seule raison de vous raconter tout un tas de trucs idiots que je sais mettre dans ma vie pour en orner parfois ce qu’elle a d’ennui, ce serait celle-là. Cette façon que vous avez, sans vous en rendre compte, de prouver que les mots qui habitent en vous font leur poésie à votre insu.

* * *

Quand les mots vont dans tous les sens, ils font pas ça tout seul. La lecture aime à faire pareil, les lecteurs aussi, on se retrouve comme ça furetant d’une adresse ou de l’autre, c’est jamais sans vous faire aller d’un côté ou de l’autre de l’Atlantique. C’est là que mes mots sont allés, il vous ont ramené ceci.

En plus de cette drôle d’idée que vous avez d’aimer faire des enfants, puisque vous y êtes pas arrivé tout seul, puisque la poésie qui vous brasse les tripes a trouvé preneur, alors je me ramasse aussi par là. Puis tout d’un coup, mes mots ont bien 6 heures qui les séparent, je me mets à perdre le soleil que je dois filer à ce couple qui le file ensuite aux enfants.

Ça m’amuse bien ces lecteurs outre-atlantique, moi qui suis tellement pas d’une plume internationale, sans Marie-Josée, j’aurais certainement pas fait plus loin que me noyer dès que mes orteils auraient touché l’eau. D’ailleurs on voit bien rien qu’à voir, la fêlée et moi, on a des histoires de 4 et demi. Heureusement, pour sauver de l’espace, on a mis nos coeurs ensemble, à la même place. Presque à l’abri des enfants.

Je sais pas si je vous l’ai dit, ce que j’aime avec les histoires, quand sonne la cloche de mes récrés, c’est qu’elles vont dans tous les sens, dès qu’elles voient un ballon.

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Je suis allé voir Renart, l’ami, sa vie de plume elle est allée un peu aussi dans tous les sens, avec un autre de ses amis. Je vous dis pas ça parce que j’endosse tout de la sienne, je vous raconte même pas ça parce que je devrais le faire, je vous le raconte pour le courage du Renart. Je vous le raconte pour la rigueur de la chose.

Ce qui est amusant avec les idées, c’est qu’elles sont comme les mots et quelques pensées de cristal, si elles courent dans tous les sens, parfois elles se frappent, puis elles font plein de morceaux. Dans ce temps-là il faut bien ramasser, faut pas se couper les pieds sur les idées. Les idées, c’est utile pour marcher, enfin, pour savoir où aller.

Je vous raconte ça pour le geste de Renart, un geste courageux, presque autant que celui que j’ai eu de le mettre dans ma bloguoliste. Je vous raconte ça aussi parce que j’aime quand la vie me donne raison, je l’avais mis dans ma bloguoliste pour le courage, bien avant et surtout que pour l’orientation des idées. J’ai eu raison de le faire pour le courage. Parce que sinon, pour les idées, j’aurais les doigts enflés à force de me faire frapper dessus. Renart et moi, la vie nous place un peu en distance habituellement.

C’est amusant, je viens de terminer d’écrire ce truc, je dois maintenant placer les trois astérisques au dessus de ce bout de texte, je clique “aligner”, puis “centrer”… puis je relis l’histoire avec un sourire. J’aime la vie qui va dans tous les sens! Allez, à demain.

laguiole Je sais pas toujours quoi vous raconter. C’est d’ailleurs pas qui se passe rien. C’est souvent qu’il se passe beaucoup, trop en même temps. Ma pensée dans ce temps-là se défend, elle devient linéraire, elle déboule les idées comme des marches mal jaugées, elle en profite pour faire les coins ronds, vous en êtes capable aussi, je sais.

L’intellexuelle sait le faire aussi! D’ailleurs j’aime bien ceux qui se collent des étiquettes, c’est toujours brave ou un peu con les étiquettes, c’est même parfois comme l’humilité, c’est disparu de celui qui la porte dès qu’il se la colle au front. Mais bon, allez pas pensez que pour elle, c’est ce que je veux dire, elle est intellectuelle pour vrai, on le voit tout de suite au grand tour que prend la question. Pour reconnaître un intello d’ailleurs, remarquez la longueur des questions, inversement proportionnelle aux réponses. Les réponses c’est moche, c’est d’ailleurs à reprendre dès que c’est terminé.

Sa question je vous la file en tout petit, vous avez le droit d’aller la voir version “roman” dans la section du courrier du lecteur. Elle se demande en fait comment on peut faire pour picoler dans un souper quand on y a invité un ivrogne qui a décidé de plus l’être. Le reste autour de la question, c’est pour le malaise, dans ce temps-là, on met pas mal de mots.

Alors voilà… la réponse: on l’aime!

Je sais pas d’ailleurs intellex comment tu aimes tes amis. C’est jamais simple chez les intellectuels ces questions. Ce serait gaspiller pas mal de temps en se répondant tout de suite. Mais je vais te dire que chez moi, si je reçois un diabétique, j’évite de lui faire un forêt noir même si c’est son souper de fête.  Je suis pas en train d’oublier que t’aimerais bien que je parle d’étiquette, de tout le reste. Mais l’étiquette sans l’amour, la considération d’un ami, la politesse au pire, c’est donc, l’étiquette sans tout ça, une insulte au simplement.

L’étiquette dit que l’ivrogne devrait lui-même en s’assoyant retourner son verre pour indiquer dès les premières secondes qu’il n’entend pas boire. Mais ça évite jamais les imbécilités des autres autour qui faute de comprendre ce qui se passe, ont l’excellent idée de l’encourager à boire d’un chic “enwoueille donc, juste un! On va te tcheker!”  Ce genre là, on a envie de leur rouler un steak autour des mollets, de les envoyer jouer avec Brutus le chien boxer, en lui disant… “Enwoueille, on va te surveiller!”

M’enfin, l’étiquette passée, il reste l’ivrogne qu’on sait qu’il boit pas mais qu’il retourne pas son verre… ouin… Épreuve suprême pour ceux qui aiment à jouer les oenologues amateurs avec un limonadier Laguiole manche d’ébène vrille de teflon. Épreuve suprême mais l’ultime politesse. Ouvrir la bouteille, la mettre au centre de la table, dire aux gens: “Servez-vous”… Ça va vous changer de pas compétitionner d’enflure verbale autour du vin que vous buvez et vous permettre de parler d’autre chose que votre extraordinaire connaissance des vins même pas si unique que parfois vous me faites de la peine, ceux qui peuvent boire, de réserver sans pudeur à votre gosier.

J’aurais pas pu me permettre ce genre de texte avec tout le monde, c’est ce qui est beau des intellos, ils voient le charme entre les virgules, les mots, les pauses, tous les silences.

sad_man Allez, je vous mets sur la touche, la réflexion vient un peu de ce mec, Russell Jacoby, il s’intéresse à la survie des intellectuels. Je vous indique aussi qu’il observe l’évolution de leur milieu de vie, du climat qui maintiendrait l’intellectuel en santé, lui assurant un réseau social propice à sa production et sa reproduction. Dans l’édition du journal Le Devoir aujourd’hui, en plus de parler du monsieur Jacoby, on se disait qu’il fallait bien aussi revenir au net. C’est ainsi qu’on achève donc le texte:

Certes, «Internet donne à quiconque aujourd’hui une sorte de chaire électronique». Les phénomènes comme les blogues, s’ils peuvent, dans un pays totalitaire, servir la liberté, ne font, dans les pays où il y a liberté d’expression, «qu’ajouter à la cacophonie». Tout le monde s’exprime, personne n’écoute. «Aujourd’hui, tout le monde est blogueur, mais où sont les lecteurs?» Dans les salons du livre, bientôt, c’est le lecteur qui sera assis derrière sa table et ce sont les auteurs qui feront la queue pour le rencontrer, ironise-t-il en référence à un dessin récent du New Yorker.

Pourquoi je vous amène ce truc ce soir? C’est pour un commentaire que je laissais à Véro de Bordeaux récemment, un commentaire où je lui affirmais qu’un ivrogne qui cesse de boire, ça doit continuer à payer la facture, cette facture c’est souvent le mépris qui va avec la condition de l’alcolo, sa maladie qui est jamais loin derrière la drôle d’idée que s’en font les gens. Tu te souviens Véro? Tiens, je te montre une de mes factures, en vidéo! Pourquoi je parle de démocratie? Parce qu’on a fait bien des efforts chez-nous pour démocratiser le net, on a réussi.

bigmac Retour de partie de pêche donc, tellement de poissons dans le coffre de la voiture qu’on a décidé de se faire un pit stop gastronomique. Je voyais rouge sur fond jaune, j’ai su reconnaître l’appel.

-  Êtes-vous prêt à commander?

* Non m’dame la lolita en polo bleu, j’aime bien me stationner dans une allée de drive-in devant un intercom pour le plaisir des dimanches soir…*

-  Oui oui! Un trio Big Mac!, d’entamer l’ivrogne.

-  Le breuvage monsieur?

-  Ok.

-  Le breuvage? de répéter lolita.

-  Coke.

-  Ensuite?

-  Un autre Big Mac, dix Mc Croquettes!

-  Ça va être tout?

-  Non non! Ma femme aussi va manger.  Une poutine et une Root Beer.

-  Ca va faire 22.30… avancez au guichet numéro un…

* * *

J’ai mal dormi cette nuit. Tourne d’un bord, tourne de l’autre, reflux gastrique, bouche sèche, le foie qui veut sortir de mon corps, j’en suis venu rapidement à la conclusion que je ne vais plus jamais faire confiance au café des cantines mobiles.

* * *

Discussion de voiture et conclusions d’un couple qui fait 1000kms aux deux semaines…

-  Chérie, j’aurais pu avaler un 20 piasse pis un deux pis ça aurait fait pareil! d’expliquer l’ivrogne à sa fêlée.

-  …

-  Et après 3 jours, j’aurais retrouvé mon argent.

* * *

L’ivrogne mange aussi, souvent le matin vers 10 heures, des bâtonnets épicés “Hot” de Jack Link’s. Cette viande sèche fait très mal en bouche.  Cette viande sèche très épicée est aussi moins agréable le soir, assis là où si j’avais mangé un 20 piasse et un 2 dollars, je l’ai aurais retrouvé.