Ce que j’aime avec l’écriture, c’est que ça va un peu dans tous les sens. Les mots sont des enfants mal élevés, je vous l’ai déjà raconté, les histoires c’est pire, c’est comme toute la classe qui part en récré, les histoires, ça courent dans tous les sens dès que ça voit un ballon.
Je vous l’écris souvent, j’aime à vous lire parce que dans vos écrits, dans ce que vous racontez quand votre garde est baissée, souvent dans mes commentaires que cette drôle de chose se produit, quand vous écrivez donc, vous échappez parfois une poésie qui me retourne le coeur.
“Dans ce cas, je suis rassurée: je vous aime assez.”
Si je n’avais qu’une seule raison de vous raconter tout un tas de trucs idiots que je sais mettre dans ma vie pour en orner parfois ce qu’elle a d’ennui, ce serait celle-là. Cette façon que vous avez, sans vous en rendre compte, de prouver que les mots qui habitent en vous font leur poésie à votre insu.
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Quand les mots vont dans tous les sens, ils font pas ça tout seul. La lecture aime à faire pareil, les lecteurs aussi, on se retrouve comme ça furetant d’une adresse ou de l’autre, c’est jamais sans vous faire aller d’un côté ou de l’autre de l’Atlantique. C’est là que mes mots sont allés, il vous ont ramené ceci.
En plus de cette drôle d’idée que vous avez d’aimer faire des enfants, puisque vous y êtes pas arrivé tout seul, puisque la poésie qui vous brasse les tripes a trouvé preneur, alors je me ramasse aussi par là. Puis tout d’un coup, mes mots ont bien 6 heures qui les séparent, je me mets à perdre le soleil que je dois filer à ce couple qui le file ensuite aux enfants.
Ça m’amuse bien ces lecteurs outre-atlantique, moi qui suis tellement pas d’une plume internationale, sans Marie-Josée, j’aurais certainement pas fait plus loin que me noyer dès que mes orteils auraient touché l’eau. D’ailleurs on voit bien rien qu’à voir, la fêlée et moi, on a des histoires de 4 et demi. Heureusement, pour sauver de l’espace, on a mis nos coeurs ensemble, à la même place. Presque à l’abri des enfants.
Je sais pas si je vous l’ai dit, ce que j’aime avec les histoires, quand sonne la cloche de mes récrés, c’est qu’elles vont dans tous les sens, dès qu’elles voient un ballon.
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Je suis allé voir Renart, l’ami, sa vie de plume elle est allée un peu aussi dans tous les sens, avec un autre de ses amis. Je vous dis pas ça parce que j’endosse tout de la sienne, je vous raconte même pas ça parce que je devrais le faire, je vous le raconte pour le courage du Renart. Je vous le raconte pour la rigueur de la chose.
Ce qui est amusant avec les idées, c’est qu’elles sont comme les mots et quelques pensées de cristal, si elles courent dans tous les sens, parfois elles se frappent, puis elles font plein de morceaux. Dans ce temps-là il faut bien ramasser, faut pas se couper les pieds sur les idées. Les idées, c’est utile pour marcher, enfin, pour savoir où aller.
Je vous raconte ça pour le geste de Renart, un geste courageux, presque autant que celui que j’ai eu de le mettre dans ma bloguoliste. Je vous raconte ça aussi parce que j’aime quand la vie me donne raison, je l’avais mis dans ma bloguoliste pour le courage, bien avant et surtout que pour l’orientation des idées. J’ai eu raison de le faire pour le courage. Parce que sinon, pour les idées, j’aurais les doigts enflés à force de me faire frapper dessus. Renart et moi, la vie nous place un peu en distance habituellement.
C’est amusant, je viens de terminer d’écrire ce truc, je dois maintenant placer les trois astérisques au dessus de ce bout de texte, je clique “aligner”, puis “centrer”… puis je relis l’histoire avec un sourire. J’aime la vie qui va dans tous les sens! Allez, à demain.
Compte conjoint, l’alcolo et le village gaulois
Je suis probablement, et elle aussi, le dernier de ma race à avoir le compte commun, conjoint. Je transferts mon avoir systématiquement dans le compte conjoint, c’est une manie, c’est plus simple comme ça, c’est pour des raisons de facilité ici le compte conjoint. Même chose pour elle, tout est là, sans trop de distinction, même que notre mode de gestion budgétaire suit parfaitement ce courant qu’on est pas mal les seuls qui restent à remonter.
Tout passe là, on ne regarde jamais de qui viennent les montants. On ne calcule jamais la part de l’un et l’autre. Ça a jamais été une question entre nous. C’est la même chose pour les dépenses, même si nos enfants ont pas les mêmes parents, pas de calculs de la part des destinations de dépenses sur cette question, tout est dans le même tas. On pige.
Allez pas me demander si je dépense autant pour mon fils que pour sa fille, j’en sais rien. Quicken, ce qu’on utilise pour suivre l’unique compte d’entrée et de sortie me le dirait pas non plus, on a pas identifié les dépenses à un individu, elles le sont par nom de dépense. Quand on voit vêtement, c’est pas dit si c’est la puce ou fils. J’en sais rien. Je sais vêtements.
C’était clair entre-nous au départ, on s’en était parlé, c’était à peu près en ces mots:
Tout était réglé. Les mots “mon” pour précéder “argent” ne sont plus jamais revenus entre nous. On a fait pareil pour les mots “ma” et “dépense”. Au même moment, même si on oublie parfois, on a fait pareil avec les mots “ta” et “fille”. On n’a pas toujours autant de succès sur cette question. C’est une autre histoire. Brûlez pas trop vite mes sujets de billet.
Je sais que si l’un de nous part, tout est compliqué pour l’autre! vous me direz. Ce l’est toujours. La loi fait les comptes conjoints, même si on se fend en quatre pour les séparer du vivant du couple. Je vois des histoires d’horreur à la journée longue sur les blogues, quand c’est pas en commun avant, c’est après sous le marteau de la toge de devant.
Je vois des couples aussi, où chacun part en vacances de son côté une fois l’an. Les deux reviennent compter leur petit change respectif, il arrive ensuite qu’ils doivent sauter le voyage de couple. L’un des deux a pas les moyens. Négociations entre conjoints comme avec le gérant de banque. Je peux te passer un 1000$. Tu me le remettrais quand? Ah! J’y arriverai pas, j’ai la rentrée de ma fille en septembre. Pars seul, on se reprendra.
J’ai du respect pour l’amour de d’autres personnes. Ils vivent leur quotidien comme s’ils étaient déjà séparés. Le coeur est un compte conjoint, le reste c’est deux autos, chacune au nom de l’un, chacun sa part pour chaque dépense, chacun son bout de facture dans sa poche au cas où le juge. Je me suis toujours demandé, quand un truc con comme un ACV m’arrivera, quand elle devra changer ma couche de 6′1″ de merde, comment on calculera à ce moment. Je me soulage de constater qu’on a jamais compté. J’aime à penser qu’on a le même genre d’entente pour les efforts, les sacrifices, l’investissement de soi que notre couple pourrait demander.
J’ai connu un couple déjà. Elle est partie. Il l’a pas retenu, la moitié de son corps bougeait plus. Il en bavait déjà, il savait plus avaler comme du monde. Puis ça roule mal en fauteuil dans un escalier. J’avoue ça a été plus simple, il a pas eu à se faire chier pour le compte en banque. Il est mort quelques mois après. Dans sa tombe, je me souviens, on a même pas pensé mettre le N.I.P. de son compte à lui.
Je vais vous confier un truc. Après avoir vu cet épisode, j’ai compris une chose. Je pourrai presque toujours me refaire mon salaire de la semaine. Me mettre à le déposer ailleurs. Mais si de toute ma vie, j’ai fait croire à la fêlée qu’elle devait piger dans le compte en regard de ce qu’elle représente au prorata, j’ai toujours eu peur qu’elle garde la même habitude pour ses efforts en moi, si la vie venait qu’à me mettre au plancher. Et ça, je vous le jure, me mettre au plancher, la vie le fera. Notez ma promesse sur un papier, elle vous le dira quand ce sera arrivé.
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Cette semaine, je vous file la citation du mois de mon lecteur d’outre-atlantique, juste pour rire un peu, parce que ça termine bien ce billet, il s’exprimait au sujet de Amy Winehouse et le peu d’intérêt que son pays lui réserve:
Je vais aller écouter un peu en boucle Alizee, Anguun, Vanessa Paradis et Fabian. À ce soir!