J’aime bien Dion. Je l’aime de la façon que j’aime pas mal de monde, en silence. Je passe chez-lui, ramasse des pixels, me pousse sur la pointe des pieds, je sais faire comme les mots, je sais faire le mal élevé, je sais aller dans tous les sens et oublier la commission. Un jour j’ai lu cette toute petite phrase: “Dis-lui toi que je l’aime!” Me souviens plus si, à part pour elle, j’ai dérogé de ce principe que j’ai aimé adopter. Pour monsieur Dion, c’est pareil.
Dans un billet gentil, il dit ceci:
Y a des gens qui sont bourrés de talent sur la blogosphère. Vraiment. Certains à couper le souffle. Y a des gens chez qui les mots déboulent en cascade d’eau fraîche et en gerbes de fleurs heureuses. Je pense entre autre à l’alcolo qui possède un talent littéraire fou! Mais je le lis très peu. Pourquoi? Parce que ses billets sont vraiment trop longs. C’est pas drôle d’être prolifique à ce point.
À une autre époque, il avait aussi écrit ceci:
Dans cette sphère où l’on marche souvent sur des oeufs et où l’on doit faire attention à ce que l’on écrit afin de ne pas écorcher la sensibilité de tous et chacun, il est réjouissant de croiser des acteurs de la blogosphère qui ne se prennent pas au sérieux.
Merci Pat! Et parce que ce soir, c’est la dérogation majeure à ma règle d’or de laisser se manifester mon appréciation par les mots des autres, je te file cette citation de Maurice Rheims que Mistral paraphrase dans Vamp:
La force des mots est pour l’homme plus prégnante que l’exactitude des faits car c’est en eux que loge la vérité de l’être parlant.
Mistral dit dans la même veine :
La rétention du verbe est aussi jouissive que celle de l’excrément, c’est le versant anal de la parole.
Bon, on a congédié un président de conseil d’administration pour ce genre de plaisir avoué au premier degré, dans une station de radio de la télévision dont il dirigeait le C.A., mais c’est une autre histoire. C’est encore trop de mots pour te dire que t’es le premier à avoir vu juste… ou l’avoir écrit, “ne se prennent pas au sérieux!”
* * *
C’est qu’il a raison le Pat, vous savez! Comme Mistral et Rheims aussi. Tout tient dans le retenir, tout tient dans la façon de le laisser aller, tout tient aussi, surtout, à ne pas se faire fier de la longueur de ce qu’on voit sous nos fesses mais bien de ce qui s’en dégage pendant que nous lisons, calmement assis! Allez, à demain! Vous voyez, je reviens, comme dirait l’autre, je vais bien ne t’en fais pas!






Moi je les aime les longs billets. Les tout pleins de mots. Ceux qui me font apprendre et mieux comprendre. Ceux qui à la fin me font me sortir un Halleluyah ou un eureka c’est selon.
Passer de 4-5 minutes max… c’est de la maximisation pour passer à coté de l’essentiel
Cher Alcolo,
Les gens sont tous différents, certains aiment le laconisme, d’autres ont la logorrhée.
Il existe des millions de blogs.
Il y a place pour des lecteurs dans tous les styles d’écriture.
Le nombre de lecteurs n’est pas un but en soi. Sinon, il n’y aurait que des blogs “de fesses”!
Amitiés
Contente ! si vous va bien, alors je m’en fais pas !
Pour certaines personnes blogger semble presque être une extension d’eux-mêmes. Le nombre de commentaires prend une importance certaine, leur performance littéraire doit refléter une perfection au niveau de la langue et ils s’inquiètent s’ils ne répondent pas à tous ou en partie à leurs lecteurs. C’est beaucoup dans une journée de 24 heures. Aimez-vous écrire ce que vous ressentez sur votre écran? Cela vous apporte-t-il du plaisir ou alors des angoisses existentielles? Avez-vous l’impression de devoir rendre des comptes continuellement ou encore d’expliquer certaines décisions? Ce sont des questions pertinentes selon moi. Histoire de se replacer la neurone. Histoire d’avoir du plaisir. Histoire d’avoir du temps à soi pour autre chose. Alors la longueur, la fréquence, le contenu, ça n’appartient qu’à vous. ( Et je pense que cela plaît à déjà beaucoup de gens… )
Chère Bibconfidences,
Voici le fruit de ma réflexion engagée depuis quelques jours déjà (vous le savez si vous êtes passées quelques jours ici)…
Toujours devoir expliquer des décisions: Je blogue pour exprimer des choses et me remettre en question justement.
Le nombre de commentaires: Un indice sur la paresse intellectuelle des lecteurs, ou leur intérêt de ce qui se passe ici, ou leur envie de relancer le débat.
Plaisir ou obligation: Suis à régler cette question.
Performance littéraire: Si on peut aimer une chose, ce serait bien de le dire. Si on peut traîter la langue avec un certain souci, pourquoi le refuser, si on peut jouer avec les mots, les faire chanter un peu, les promener dans des sens interdits, pourquoi pas. C’est pas de la performance, c’est se donner le plaisir d’un peu de musique. On peut se mordre les lèvres ou choisir de siffler une mélodie, c’est pareil pour les mots écrits.
Je m’inquiète de répondre à mes lecteurs, mais surtout à moi d’abord, je m’inquiète de répondre à certains de mes lecteurs cependant, parce que je les aime, parce qu’ils ne sont pas cons, parce qu’ils me le rendent bien aussi. Surtout.
Merci du passage!
J’ai trop hâte, Ô mein Freud, de lire les billets qui seront encore taggés de “Si je vous parlais de mes selles”. Excellent mot-clé, très très.
Juste comme ça, si jamais vous aimez les chips et que vous n’avez jamais été dans son sac, m’sieur Dion a également un côté givré. Là : http://www.patrickdion.ca/.
Bonjour, là, bonjour.
Mais vous voyez bien qu’on aime et qu’on suit, la preuve est que je suis ici ce matin. Je ne suis peut-être qu’un peu jaloux de votre volubilité toute en justesse, allez savoir… Mais bon, tout cet amour qui flotte, ces bons sentiments qui s’effluvent, chuchotons-les un peu, n’avons-nous pas des carapaces et de sales réputations à entretenir?
Intéressant ce billet. Ça me penser qu’il faut vraiment envisager l’achat d’un portable pour avoir plus de temps.
Les longs billets parfois je m’y suis égaré. J’ai un esprit de synthèse très synthétique c’est comme ça. C’est moi le problème pas toi.
Il ne faut pas blogger pour faire plaisir il faut bloguer pour se faire plaisir n’en déplaise à Monsieur Dion
Il y a dans l’obligation un ennui pouvant devenir mortel…Je vous souhaite le plaisir de jouer avec l’enfant mal élevé!
@ Intellex: Ah la lecture en diagonale, c’est le thème de mon ami Dion d’ailleurs, sur le lien que vous me filez, et qui réfère… au blogue que je link dans ce billet
@ Patrick Dion: C’est vrai, je suis à saloper tout notre travail pour que le mâle reste ce mâle, silencieux, retenu, poilu… faites-vous pousser les cheveux et je retourne au silence
@ Juliette: Ben non, ils lui plaisent mes écrits à monsieur Dion, il a pas le temps de se les taper chaque fois, c’est tout
J’ai un Dell à vendre lol
@ La louve: Vrai… je ne peux dire que…vrai
Cher Alcolo, moi c’est de vous voir vous inquiéter qui m’inquiète. Je pense que tout ça n’a aucune importance si vous éprouvez du bonheur ou de la satisfaction, (appelons ça comme on veut pourvu que ça fasse du bien quand c’est fini), à blogger, c’est ce qui fait la beauté d’un blog. Ceux qui vous lisent le font avec ce plaisir là. Si tous les fruits de votre réflexion sont encore doux à votre palais et non teintés d’amertume, alors là oui, il faut faire à sa manière avec toutes les exigences qui nous font apprécier un travail bien fait. En outre ce qui est fait avec coeur comme vous semblez le faire ne peut se faire sans généralement brasser nos intérieurs, je vous l’accorde. Cependant, là où je ne suis pas d’accord c’est à propos de cette paresse intellectuelle des lecteurs ou de certains auteurs que vous mentionnez et qui semble être en proportion avec le nombre de commentaires reçus ou “répondus”… Je n’ai jamais écrit à mes auteurs préférés et pourtant ils m’ont apporté beaucoup de joies. Pour moi, c’est pareil en ce qui concerne les blogs des autres. Parfois j’ai envie de rajouter mon grain de sel (on dirait bien que c’est le cas ici
et d’autres fois, la réflexion d’autrui me touche moins, ou alors m’est presque étrangère ou bien me semble un peu complexe pour ma petite expérience ou tout simplement, je ne vois pas ce que je pourrais rajouter. Et peut-être aussi que je ne suis pas d’accord avec le propos et qu’il me semble bien de laisser l’autre s’exprimer et que parfois je ne me sens pas le droit d’aller réfuter chez lui, dans son espace, son opinion qui n’est pas mienne. Je dis bien parfois. Et y a aussi la possibilité que oui, je paresse, parce que je suis fatiguée ou alors que j’ai peu de temps dans ma journée de fou. Cela fait-il de moi une paresseuse intellectuelle? Non, je ne crois pas, ou alors oui? Et bien tant pis!
J’ai très peu de lecteurs si je me fie au nombre de commentaires reçus sur mon blog mais je sais que je suis parfois lue sans qu’il y ait eu action de puncher, pas grave, je communique avec quelques personnes et ça me rend de bonne humeur. Et si je ne répond pas à tous, c’est que j’ai peut-être le tort de croire qu’ils m’accordent le même droit que je leur donne moi: celui de passer en silence ou de se manifester en me donnant un indice de leur présence. Votre souci du lecteur vous honore mais il vous appartient et c’est heureux pour eux. Votre gestion du temps et votre tempérament, vos qualités d’écrivain et votre expérience vous permettent assurément d’être aussi prolifique, et dans vos billets, et dans vos réponses aux lecteurs. Je le répète, ils sont chanceux! Pour ma part je me permets un certain détachement émotionnel face à la blogoshère, mes émotions et mon temps étant amplement sollicités dans ma biosphère familiale!!! (Soupir de: J’suis assez au boutte des fois dans ma vraie vie je ne commencerai pas à m’en faire pour ce qui apparaît sur mon écran) La beauté de la chose c’est que chacun peut s’exprimer et lire qui lui plaît et dans ma vie remplie d’obligations cette légèreté et ce sentiment de liberté sont des ingrédients qui m’incitent à continuer.
Hum…c’était quoi le sujet donc? Les longs billets? Ça s’applique aussi aux commentaires?
“ou leur envie de relancer le débat.”, c’est l’une des options que je voyais, entre les autres, lorsque la paresse intellectuelle n’était pas mise en cause.
Pour ce qui est de la gestion de mon temps… si vous saviez, si seulement vous s
Ah, Monsieur l’Alcolo, vous savez, moi et le poil, c’est un combat perdu d’avance.
@Juliette: Ne vous en déplaise chère dame, on blogue tous pour être lu. Sinon, pourquoi ne pas tenir un journal que l’on cacherait sous notre matelas? En bout de ligne, le piège de faire plaisir à son lectorat est difficile à éviter. Ça gruge l’inconscient ces petites bêtes-là.
Moi j’ai perdu le combat, c’est le temps qui me gère.