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Je vais commencer par vous dire que quoi qu’elle fasse, a pu faire, fera, fera pas, elle demeure totalement la diva que j’ai toujours trouvé qu’elle était.  C’est pas pareil pour Sophie Durocher je dois l’admettre, mais dans le cas d’Amy Winehouse, elle peut se permettre pas mal de trucs, j’ai le pardon facile.  Amy Winehouse a été précédée de son talent.  Un talent brut, complet, entier, particulier, peu commun.  Quand blonde m’a appris ce soir qu’elle s’est tournée en ridicule sur une scène, arrivant à peine à se souvenir de ses paroles et faussant comme c’est pas possible, je me suis mis à être un peu triste.  Allez je vous raconte.

Je crois que certaines personnes reçoivent une forme de don, particulier, unique.  Un talent qui dépasse souvent ce qu’une personne peut transporter.  Un don qui s’approche du fardeau.  Ce genre de talent ne se retrouve pas à tous les coins de rues et habite rarement chez des gens qui peuvent le tenir longtemps.  Heureusement, ce que je crois par dessus tout, c’est que cette jeune femme a eu au moins la chance de faire la démonstration de cet extraordinaire voix et de sa capacité d’offrir un son “rétro” renouvelé à merveille et livré avec force et personnalité.

L’anecdote prendra le dessus, le faux pas aussi.  Si je l’ai dit pour Martineau lors de son passage à 3950 avec Dieudonné, je le dis bien davantage pour cette diva qui a su m’impressionner : Cessez le feu!  Allez pas vous mettre à penser que c’est son décolleté qui m’a renversé, ses seins rebondis qui étaient je pense le seule bout de chaire qu’elle avait conservé sur un corps rongé par l’alcool et le trouble alimentaire, non.  J’ai éprouvé la même fascination pour Arcade Fire, pour Éthienne d’Août de Malajube, pour Pierre Lapointe, pour l’ensemble de ces gens qui se pointent avec un génie extraordinaire, un don particulier, une façon de recevoir pareil talent et de tenter, tout simplement, de livrer le fardeau sans tomber sous son poids. 

Quand les gens tombent? Alors il arrive un Martineau, un Lagacé, une Cousineau pour le souligner.  Quand c’est les chroniqueurs qui tombent? Vous devenez tout à coup contents.  Avouez que vous aimez bien “voir l’autre se cassez le cou!”.

J’y arrive pas.  J’ai beau lire les 47 commentaires servis à Richard Martineau sur sa performance à 3950, je me réjouis pas comme vous le faites.  Ne vous méprenez pas, je n’admire pas particulièrement Martineau pas plus que son épouse Sophie Durocher.  Je suis en accord avec Laffèrière quand il exprime que “Martineau vit au-dessus de ses moyens intellectuellement…” mais voilà, la souffrance des autres me fait jamais trop saliver, enfin, pas autant que ce que je lis ailleurs dont chez madame Cousineau.

Le venin de Martineau n’est pas plus agréable lorsqu’il vous mord le mollet que ne l’est celui d’un certain nombre de journalistes, dont heureusement bon nombre font exception.  Qu’il digère difficilement être “cité hors contexte“  est une souffrance qui accable habituellement celui qui subit le journaliste plutôt que les journalistes eux-mêmes, d’ailleurs, l’imprudence de confondre les genres appartient à Martineau et à personne d’autres.  Non ce qui m’attriste, c’est votre rage, votre haine à l’endroit de quelqu’un, en l’occurence lui, que vous entretenez quitte à le voir foutu à la porte au premier moment. 

Martineau a à son compte une deuxième erreur:  ne pas avoir pris le temps de s’ingérer dans quelques commentaires (47 sur son blogue) pour présenter avec une certaine humilité son analyse de la réaction de ses lecteurs.  Ainsi, après avoir qualifié l’un des médias qui le fait vivre de “média de pleutres”, en ignorant les commentaires des usagers, il n’a qu’entretenu leur colère.  Il fallait ici descendre de sa tribune, se mêler aux “pleutres” le temps de leur raconter comment il se sent inconfortable dans toute cette tempête.  En agissant ainsi, il ne fait que ressembler davantage à ceux qu’il cuisine et accuse de toutes les sortes de pitreries.

Le journalisme est devenu difficile.  Les blogueurs journalistes n’ont pas su saisir l’opportunité qu’ils avaient de “diriger”, “mener” en quelque sorte la blogosphère vers la crédibilité qu’elle tente encore de se trouver.  Je souhaite que monsieur Martineau prenne tout simplement un temps d’arrêt, qu’il se redéfinisse, qu’il apprenne de l’aventure, sans quoi, là, elle aura été vraiment inutile.

Nul ne doit payer éternellement et aussi cruellement une erreur dans ce genre de dîner de cons, un vrai mal de notre télévision qui devrait d’ailleurs inspirer une forme de refonte même pour “Les Francs Tireurs” qui pourraient apprendre eux aussi de l’exercice.  D’ailleurs, monsieur Lagacé a une chance ici de se montre bon copain et bon frère, sur son blogue appartenant à l’autre côté de la clôture de Martineau.  Parce que son ami a ici je pense besoin d’une oreille, d’une épaule, puis d’un bon coup de clavier dans un billet un peu chaleureux.

En attendant calmez votre haine, vous pouvez pas imaginer ce que c’est d’être en milions de copies tourné au ridicule.

Bon… Richard Martineau a frappé fort ce soir, qualifiant Internet et la bloguosphère qui ne peut qu’être incluse la qualifiant de “Média des pleutre”…  Ce qui est triste dans tout ça, c’est le genre de montée de lait, c’est le combat à celui qui allait garder son calme lors de cette émission de 3950 qui a franchement déraillée, c’est qu’à ce jeu de sang froid, Martineau a visiblement perdu. 

Dieudonné est capable de conneries assez importantes.  Il n’avait surtout pas besoin que Richard Martineau s’abaisse à être le plus loufoque des deux.  Un Martineau excédé qui se monopolise la caméra, debout en gueulant “Gros trou du cul de merde qui mange du vomi” en parlant de Jean Charest question de prétendre au droit de tout dire et de rire de tout au Québec était franchement risible et déplacé.  D’ailleurs à ce chapitre Martineau se trompait doublement:  On ne peut rire de tout au Québec, premièrement, et deuxièment, ce genre de propos pourrait être matière à poursuite au Québec selon notre code civil.  Il suffirait que le PM décide que ceci l’angoisse et l’empêche de dormir, qu’il revoit en boucle Martineau lui cracher son venin et que depuis il est paralysé et hop! On a une cause!  D’ailleurs, même un citoyen pourrait choisir de poursuivre au nom de l’institution qu’est le PM.  Et prenez le temps de bien vous documenter avant de me commenter le contraire mes amis!  Mais bon, c’est pas là l’essence de la chose.  On ne peut rire de tout au Québec, jetez un oeil aux libertés garanties par la charte canadienne et payez vous la gueule d’un des groupes qu’elle protège, amusez-vous bien!

Je n’accepterais pas de me présenter à ce genre d’exercice avec ma femme, et encore moins enceinte.  Parce que Martineau est un mec, un vrai, parce que de voir sa femme se faire attaquer réveille toujours un truc chez tout homme et qu’en plus, lorsqu’on voit notre épouse accomoder Dieudonné, parler avec l’accent ne doit pas aider à nous rendre confortable en tant que conjoint, l’aventure était pour le moins courageuse.  Bien que prendre l’accent pour mieux se faire comprendre est utile, c’est encore au Québec à nous rappeler Roch Voisine, Diane Tell et Lara Fabian.  Pas plus que Martineau ne l’a toléré, je n’aurais pu supporter qu’on qualifie d’imbéciles les propos de ma femme.  Si Dieudonné n’a su convaincre sur le contenu, il a gagné sur la forme.  Plus d’écoute, plus de sang froid. 

Martineau aurait eu avantage à se renseigner sur ses camarades de souper, il se serait éviter de ne pas connaître la sommité professorale qui se trouvait sur la gauche de son épouse.  Il aurait aussi pu, du même coup, aiguiller quelques attaques avec ce défenseur de la liberté d’expression dans une approche éthique renouvelée.

Nous avons eu droit à ce que nous méritons tous.  Foglia a toujours suggéré que les columnistes auraient avantage à faire très longtemps du journalisme avant de nous partager leur précieux point de vue.  Martineau est né dans le point de vue et l’opinion, depuis les débuts de Voir où je le lisais il y a une bonne dizaine d’années.  Martineau est aussi un être de contradictions, comme tous les passionnés, capable de dire dans une même phrase qu’on peut rire de tout au Québec mais étant incapable de rire de soi, un peu, un seul instant, celui qui aurait permis d’éviter de goûter à la sauce que son collègue Lagacé a servie à une ministre de l’éducation dernièrement, celle de sortir complètement de ses gonds jusqu’à ne plus du tout pouvoir ensuite faire sérieux.  Dernier détail, cessez cette façon de se replacer la mèche de cheveux qui fait franchement hautain.